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hexagone
dans mon H.L.M.
laisse béton
la chanson du loubard
page 1
les aventures de Gérard Lambert
ma gonzesse
Manu
dès que le vent soufflera
marche à l'ombre
page 2
si t'es mon pote
viens chez moi j'habite chez une copine
500 connards sur la ligne de départ
triviale poursuite
miss Maggie
page 3
société tu m'auras pas
deuxième génération
marchand de cailloux
en cloque
morgane de toi
page 4
chanson pour Pierrot
le père noël noir
mon bistrot préféré
la mère à Titi
morts les enfants
page 5
mistral gagnant
elle a vu le loup
cheveu blanc
docteur renaud, mister renard
Manhattan-Kaboul
page 6
fatigué
les bobos
tout arrêter
je cruel
anaïs nin
page 7
m'lampiste
chanson de pierre bachelet :
les corons
elle est d'ailleurs
Flo
tu es là au rendez-vous
page 8
en l'an 2001
vingt ans
page 9

# Posté le jeudi 26 octobre 2006 04:02

Modifié le lundi 17 septembre 2007 14:50

hexagone

hexagone
Ils s'embrassent au mois de janvier,
Car une nouvelle année commence,
Mais depuis des éternités
L'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
Y'a qu'le décor qui évolue,
La mentalité est la même :
Tous des tocards, tous des faux culs

Ils sont pas lourds, en février,
À se souvenir de Charonne,
Des matraqueurs assermentés
Qui fignolèrent leur besogne,
La France est un pays de flics,
À tous les coins d'rue y'en a 100,
Pour faire règner l'ordre public
Ils assassinent impunément

Quand on exécute au mois d'mars,
De l'autr'côté des Pyrénées,
Un arnachiste du Pays basque,
Pour lui apprendre à s'révolter,
Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
De cette immonde mise à mort,
Mais ils oublient qu'la guillotine
Chez nous aussi fonctionne encore

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
Et le roi des cons, sur son trône,
J'parierai pas qu'il est allemand

On leur a dit, au mois d'avril,
À la télé, dans les journaux,
De pas se découvrir d'un fil,
Que l'printemps c'était pour bientôt,
Les vieux principes du seizième siècle,
Et les vieilles traditions débiles,
Ils les appliquent tous à la lettre,
Y m'font pitié ces imbéciles

Ils se souviennent, au mois de mai,
D'un sang qui coula rouge et noir,
D'une révolution manquée
Qui faillit renverser l'Histoire,
J'me souviens surtout d'ces moutons,
Effrayés par la Liberté,
S'en allant voter par millions
Pour l'ordre et la sécurité

Ils commémorent au mois de juin
Un débarquement d'Normandie,
Ils pensent au brave soldat ricain
Qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
Ils oublient qu'à l'abri des bombes,
Les Francais criaient: "Vive Pétain",
Qu'ils étaient bien planqués à Londres,
Qu'y'avait pas beaucoup d'Jean Moulin

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est pas la gloire, en vérité,
Et le roi des cons, sur son trône,
Me dites pas qu'il est portugais

Ils font la fête au mois d'juillet,
En souv'nir d'une révolution,
Qui n'a jamais éliminé
La misère et l'exploitation,
Ils s'abreuvent de bals populaires,
D'feux d'artifice et de flonflons,
Ils pensent oublier dans la bière
Qu'ils sont gourvernés comme des pions

Au mois d'août c'est la liberté,
Après une longue année d'usine,
Ils crient: "Vive les congés payés",
Ils oublient un peu la machine,
En Espagne, en Grèce ou en France,
Ils vont polluer toutes les plages,
Et par leur unique présence,
Abimer tous les paysages

Lorsqu'en septembre on assassine,
Un peuple et une liberté,
Au coeur de l'Amérique Latine,
Ils sont pas nombreux à gueuler,
Un ambassadeur se ramène,
Bras ouverts il est accueilli,
Le fascisme c'est la gangrène
À Santiago comme à Paris

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
C'est vraiment pas une sinécure,
Et le roi des cons, sur son trône,
Il est francais, ça j'en suis sûr

Finies les vendanges en octobre,
Le raisin fermente en tonneaux,
Ils sont très fiers de leurs vignobles,
Leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
Ils exportent le sang de la terre
Un peu partout à l'étranger,
Leur pinard et leur camenbert
C'est leur seule gloire à ces tarrés

En Novembre, au salon d'l'auto,
Ils vont admirer par milliers
L'dernier modèle de chez Peugeot,
Qu'ils pourront jamais se payer,
La bagnole, la télé, l'tiercé,
C'est l'opium du peuple de France,
Lui supprimer c'est le tuer,
C'est une drogue à accoutumance

En décembre c'est l'apothéose,
La grande bouffe et les p'tits cadeaux,
Ils sont toujours aussi moroses,
Mais y'a d'la joie dans les ghettos,
La Terre peut s'arrêter d'tourner,
Ils rat'ront pas leur réveillon,
Moi j'voudrais tous les voir crever,
Étouffés de dinde aux marrons

Etre né sous l'signe de l'hexagone,
On peut pas dire qu'ca soit bandant
Si l'roi des cons perdait son trône,
Y'aurait 50 millions de prétendants

# Posté le jeudi 26 octobre 2006 04:25

dans mon H.L.M.

dans mon H.L.M.
Au rez-d'-chaussée, dans mon H.L.M.
Y'a une espèce de barbouze
Qui surveille les entrées,
Qui tire sur tout c'qui bouge,
Surtout si c'est bronzé,
Passe ses nuits dans les caves
Avec son Beretta,
Traque les mômes qui chouravent
Le pinard aux bourgeois.
Y s'recrée l'Indochine
Dans sa p'tite vie d'peigne cul.
Sa femme sort pas d'la cuisine,
Sinon y cogne dessus.
Il est tellement givré
Que même dans la Légion
Z'ont fini par le j'ter,
C'est vous dire s'il est con!

Putain c'qu'il est blême, mon H.L.M.!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au premier, dans mon H.L.M.,
Y'a l'jeune cadre dynamique,
Costard en alpaga,
C'ui qu'a payé vingt briques
Son deux pièces plus loggia.
Il en a chié vingt ans
Pour en arriver là,
Maintenant il est content
Mais y parle de s'casser.
Toute façon, y peut pas,
Y lui reste à payer
Le lave-vaisselle, la télé,
Et la sciure pour ses chats,
Parc'que naturellement
C'bon contribuable centriste,
Il aime pas les enfants,
C'est vous dire s'il est triste!

Putain c'qu'il est blême, mon H.L.M.!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au deuxième, dans mon H.L.M.,
Y'a une bande d'allumés
Qui vivent à six ou huit
Dans soixante mètres carrés,
Y'a tout l'temps d'la musique.
Des anciens d'soixante-huit,
Y'en a un qu'est chômeur
Y'en a un qu'est instit',
Y'en a une, c'est ma soeur.
Y vivent comme ça, relax
Y'a des mat'lats par terre,
Les voisins sont furax;
Y font un boucan d'enfer,
Y payent jamais leur loyer,
Quand les huissiers déboulent
Y écrivent à Libé,
C'est vous dire s'ils sont cools!

Putain, c'qu'il est blême, mon H.L.M.!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au troisième, dans mon H.L.M.;
Y'a l'espèce de connasse,
Celle qui bosse dans la pub',
L'hiver à Avoriaz,
Le mois d'juillet au Club.
Comme toutes les décolorées,
Elle a sa Mini-Cooper,
Elle allume tout l'quartier
Quand elle sort son cocker.
Aux manifs de gonzesses,
Elle est au premier rang,
Mais elle veut pas d'enfants
Parc'que ça fait vieillir,
Ça ramollit les fesses
Et pis ça fout des rides,
Elle l'a lu dans l'Express,
C'est vous dire si elle lit!

Putain c'qu'il est blême, mon H.L.M.!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!

Au quatrième, dans mon H.L.M.,
Y'a celui qu'les voisins
Appellent "le communiste",
Même qu'ça lui plaît pas bien,
Y dit qu'il est trotskiste!
J'ai jamais bien pigé
La différence profonde,
Y pourrait m'expliquer
Mais ça prendrait des plombes.
Depuis sa pétition,
Y'a trois ans pour l'Chili,
Tout l'immeuble le soupçonne
À chaque nouveau graffiti,
N'empêche que "Mort aux cons"
Dans la cage d'escalier,
C'est moi qui l'ai marqué,
C'est vous dire si j'ai raison!

Putain c'qu'il est blême, mon H.L.M. !
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime !

Pi y'a aussi, dans mon H.L.M.,
Un nouveau romantique,
Un ancien combattant,
Un loubard, et un flic
Qui s'balade en survêtement
Y fait chaque jour son jogging
Avec son berger all'mand,
De la cave au parking,
C'est vachement enrichissant.
Quand j'en ai marre d'ces braves gens
J'fais un saut au huitième
Pour construire un moment
Avec ma copine Germaine,
Un monde rempli d'enfants.
Et quand le jour se lève
On s'quitte en y croyant,
C'est vous dire si on rêve!

Putain c'qu'il est blême, mon H.L.M.!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!...
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# Posté le jeudi 26 octobre 2006 04:55

laisse béton

laisse béton
J'étais tranquille, j'étais peinard
Accoudé au flipper
Le type est entré dans le bar
À commandé un jambon beurre
Puis s'il s'est approché de moi
Puis y m'a regardé comme ça

"T'as des bottes, mon pote, elles me bottent
J'parie qu'c'est des Santiags
Viens faire un tour dans l'terrain vague
J'vais t'apprendre un jeu rigolo
À grands coups de chaines de vélo
J'te fais tes bottes à la baston"
Moi j'y est dis: "Laisse béton"

Y m'a filé une beigne
J'y ai filé une torgnolle
M'a filé une châtaigne
J'lui ai filé mes groles

J'étais tranquille, j'étais pénard
Accoudé au comptoir
Le type est entré dans le bar
À commandé un café noir
Puis s'il m'a tapé sur l'épaule
Et m'a regardé d'un air drôle

"T'as un blouson, mecton, l'est pas bidon
Moi j'me les gèle sur mon scooter
Avec ça j's'rai un vrai rocker
Viens faire un tour dans la ruelle
J'te montrerai mon Opinel
J'te chourav'rai ton blouson"
Moi j'y est dis: "Laisse béton"

Y m'a filé une beigne
J'y ai filé un marron
M'a filé une châtaigne
J'ai filé mon blouson

J'étais tranquille, j'étais pénard
Je réparais ma mobylette
Le type a surgi sur l'boul'vard
Sur sa grosse moto super chouette
S'est arrêté l'long du trottoir
Et m'a regardé d'un air bête

"T'as l'même blue jean que James Dean, t'arrêtes ta frime
J'parie qu'c'est un vrai Lévis Strauss
Il est carrément pas craignos
Viens faire un tour derrière l'église
Histoire que je te dévalise
A grands coups de ceinturon"
Moi j'y est dis: "Laisse béton"

Y m'a filé une beigne
J'y ai filé une mandale
M'a filé une châtaigne
J'ai filé mon futal

La morale de c'te pauvre histoire
C'est qu'quand t'es tranquille et peinard
Faut pas trop traîner dans les bars
À moins d'être fringuer en costard
Quand à la fin d'une chanson
Tu t'retrouve à poil sans tes bottes
Faut avoir d'l'imagination
Pour trouver une chute rigolote

# Posté le jeudi 26 octobre 2006 05:00

la chanson du loubard

la chanson du loubard
Le jour se lève sur ma banlieue
J'ai froid c'est pourtant pas l'hiver
Qu'est-ce que j'pourrais foutre nom de Dieu
J'ai pas un rond et j'ai pas l'air
Sérieux
Sérieux

J'suis un loubard parmi tant d'autres
Je crèche pas loin de la Défense
J'ai l'air crado, c'est pas ma faute
Mon HLM c'est pas bizance
Mon pote
Mon pote

A 14 ans mon paternel
M'a fait embaucher à l'usine
2 jours plus tard j'ai fait la belle
Paraît que j'suis un fils indigne
Bordel

Un soir dans une rue déserte
J'ai fauché une Honda 500
A un fils de bourgeois honnête
Avec elle je fonce à 200
Ouais c'est chouette
C'est chouette

Mon copain Pierrot s'est planté
Sur l'autoroute un jour de pluie
Parfois je l'entends rigoler
C'est sûr qu'il est au Paradis
C't'enflé
C't'enflé

Et moi j'continue mon cinoche
Au pieds de ces buildings miteux
J'voudrais crever avant d'être moche
J'voudrai finir comme toi mon vieux
Gavroche

J'suis un loubard périphérique
J'en ai plein les bottes de ce bled
Le France est une banlieue merdique
Comme dit mon copain Mohamed
Aux flics
Aux flics

Le jour se lève sur ma banlieue
J'ai froid c'est pourtant pas l'hiver
C'est drôle le bitume est tout bleu
Y a ma bécane qui crâme par terre
Bon Dieu
Mon Dieu
Oh Bon Dieu
Mon Dieu
Oh mon Dieu
Bon Dieu
Oh Bon Dieu
Oh mon Dieu
Oh mon Dieu
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# Posté le jeudi 26 octobre 2006 05:16